Le Business Travel Index 2026 de la GBTA (Global Business Travel Association), publié le 4 août 2026 avec Visa, prévoit des dépenses mondiales de voyages d’affaires de 1 710 milliards de dollars en 2026, en hausse de 7,2 % par rapport à 2025. Le nombre de voyages, lui, ne progresse que de 1,3 %, passant de 1,82 à 1,84 milliard.
L’écart entre ces deux courbes est le chiffre qui mérite qu’on s’y arrête. Les dépenses augmentent plus de cinq fois plus vite que le volume : les entreprises ne multiplient pas les déplacements, elles paient plus cher chacun d’entre eux. Aux États-Unis, premier marché mondial, les dépenses de voyages d’affaires nationaux et internationaux progressent de 6,7 % pour atteindre 423 milliards de dollars. 2025 avait déjà dépassé les prévisions : les dépenses avaient bondi de 8,4 % à 1 590 milliards de dollars, au-delà des 6,6 % anticipés un an plus tôt. La GBTA situe désormais le cap des 2 000 milliards de dollars en 2031, un an plus tard que prévu — la croissance, selon le rapport, ralentit après le pic de 2026.
Edward Galvin, vice-président et responsable Amérique du Nord chez Visa Commercial Solutions, résume le phénomène en une phrase : quand les dépenses croissent plus vite que le volume, la valeur se concentre sur chaque voyage pris individuellement. Suzanne Neufang, directrice générale de la GBTA, ajoute un détail opérationnel : les entreprises n’ont pas renoncé aux voyages par principe, elles sont devenues plus sélectives et davantage tournées vers la productivité. Le voyage qui reste au calendrier doit justifier sa présence.
Pour qui vit ce type de déplacement — réunion le matin, bureau client en début d’après-midi, dîner puis aéroport le soir, le tout dans la même journée — la garde-robe répond à la même logique que le budget de l’entreprise : moins de pièces, chacune devant en faire plus. Une couche qui passe du salon climatisé au tarmac brûlant sans qu’il soit nécessaire de la changer élimine exactement le type de friction qu’un voyage plus coûteux ne peut plus se permettre d’ignorer. Il ne s’agit pas de la quantité qui tient dans le bagage, mais de la fiabilité pièce par pièce : la veste qui ne se froisse pas après huit heures, la couche qui tient une seconde journée sans lavage, la pièce qui fonctionne aussi bien sous le blazer que dans l’avion.
Le Business Travel Index ne parle pas de garde-robe. Il décrit un marché qui paie plus cher chaque voyage qui compte vraiment — le même critère qu’il vaut la peine d’appliquer au choix de ce que l’on porte quand ce voyage est le nôtre.
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